Rencontre avec la titulaire de la chaire Living Health, à l’origine du master Health & Care Management

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Interview avec Judith Partouche-Sebban, titulaire de la chaire Living Health à l’origine de la spécialisation Health & Care Management
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Judith Partouche-Sebban, Professeure associée à Paris School of Business, lève le voile sur ses recherches menées au sein de la chaire Living Health : un travail d’équipe mettant l’accent sur la co-création de valeur entre chercheurs, partenaires professionnels et étudiants de la nouvelle spécialisation Health & Care Management.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots?

Je m’appelle Judith Partouche-Sebban et je suis Professeure associée en marketing à Paris School of Business.

J’ai par ailleurs une double casquette : je suis responsable du département de recherche en marketing MAXI (Marketing Analytics and eXperience Insights) et je suis titulaire de la chaire de recherche Living Health.

Je travaille à Paris School of Business depuis 2011. J’ai fait tout mon parcours universitaire à Dauphine et j’ai terminé par un doctorat en sciences de gestion à Dauphine portant sur l’impact de la fin de vie sur la consommation chez les séniors.

Au cours de ma carrière, je me suis petit à petit orientée vers le domaine de la santé et notamment vers l’expérience de la santé : comment chaque individu perçoit sa santé au quotidien ? J’en suis venue à me spécialiser dans la notion d’expérience patient autour des services en santé.

Je suis également enseignante et donne des cours ayant trait au marketing : marketing fondamental, études de marché, marketing stratégique, comportement du consommateur, distribution…

Quel est le lien entre la spécialisation Health & Care Management et les recherches menées au sein de la chaire Living Health ?

Ce que j’avais en tête quand j’ai créé la formation, c’est qu’il y ait un vrai échange dynamique entre la spécialisation et la chaire afin d’encourager la co-création de valeur pour les chercheurs, les étudiants et les partenaires.

Il y a deux dimensions qui sont importantes dans cette collaboration. D’abord, nous allons intégrer les projets de recherche dans les enseignements. Des enseignants-chercheurs de la chaire interviendront bien sûr dans la formation (il y aura également des professionnels). Quand j’ai construit la première maquette pédagogique, j’avais en tête que chaque module soit irrigué par les résultats des études que nous menons avec nos partenaires pour que les étudiants puissent s’en nourrir et les intégrer à leur savoir-faire et savoir-être (les fameuses soft skills).

Par ailleurs, les étudiants travailleront aussi en collaboration avec les partenaires de la chaire sur des problématiques réelles. Ils auront l’occasion d’aller sur le terrain, d’être au contact des patients, des aidants et des soignants. Cette dimension expérientielle, c’est la vraie valeur ajoutée du master.

Quelles sont les raisons qui ont motivé la création de la chaire de recherche Living Health ?

La chaire Living Health a été créée il y a deux ans. Nous en sommes venus à nous structurer et à créer cette chaire de recherche sur la base de deux éléments déclencheurs.

Le premier, c’est le fait qu’il y avait un groupe de chercheurs en marketing et en management au sein de Paris School of Business qui travaillait de plus en plus sur des problématiques liées à la santé et au bien-être (vieillissement, qualité de service dans le domaine de la santé, marketing sensoriel rattaché au bien-être, etc.). Et c’est un point très important : la chaire Living Health est avant tout un travail d’équipe.

Le deuxième élément, c’est la rencontre avec le Docteur Alain Toledano, qui est oncologue à Paris et qui est le fondateur et le président de l’Institut Rafaël, la Maison de l’après-cancer, avec lequel nous collaborons aujourd’hui et qui nous a encouragé à créer la chaire de recherche Living Health.

Quel est le travail mené au sein de la chaire Living Health en pratique ?

Notre travail s’organise autour de 3 pôles : la recherche, les partenaires professionnels et la pédagogie avec les étudiants. L’idée d’une chaire, c’est vraiment de créer des interactions entre ces trois mondes.

Nous travaillons donc aujourd’hui en collaboration avec nos partenaires pour définir ensemble des axes de recherche qui sont intéressants pour tous, et nous participons à l’évaluation des soins pour faire évoluer les pratiques.

Les chercheurs de la chaire mettent ensuite en place des études qualitatives et quantitatives : entretiens individuels, entretiens de groupe (4-5 personnes), questionnaires avec les patients, les aidants et les soignants. Nous analysons par la suite les données puis faisons des recommandations au partenaire.

En parallèle, nous publions aussi nos études dans des revues scientifiques, des colloques, des conférences à l’échelle nationale et internationale. Cela nous permet aussi de tisser des liens avec des chercheurs étrangers qui travaillent sur des problématiques communes et de collaborer à des études cross-culturelles.

Nous mettons également en place des projets pédagogiques pour que les étudiants travaillent sur des questions en lien avec nos thèmes de recherche et avec les problématiques clés de nos partenaires. Les étudiants de la nouvelle spécialisation Health & Care Management seront bien sûr amenés à être tout particulièrement impliqués dans nos recherches.

Nous avons par exemple déjà lancé un challenge sur une journée au sein de l’Institut Rafaël pendant lequel les étudiants devaient définir ce qu’est une expérience patient réussie. Nous avons aussi proposé des projets plus longs (plusieurs semaines) au cours desquels les étudiants avaient pour mission d’imaginer un nouvel objet connecté lié à la santé. Certains étudiants de 5ème année choisissent par ailleurs d’écrire leur mémoire de fin d’études sur un thème lié au marketing de la santé.

Qu’est-ce qui différencie la chaire Living Health d’autres équipes de recherche travaillant sur des problématiques liées au marketing de la santé ?

Nous avons voulu nous différencier à travers un positionnement plus précis que les autres et nous en sommes donc venus à nous concentrer sur la notion d’expérience patient.

L’idée, c’était de mettre à profit tout ce que l’on sait faire en marketing client et de l’appliquer à l’expérience patient. Plutôt que de nous intéresser aux consommateurs, nous nous concentrons sur le patient : nous étudions son comportement, ses besoins, ses attentes, ses freins…

L’objectif c’est de travailler sur toutes les interactions qui existent entre les trois parties prenantes que sont le patient, les aidants et les soignants.

C’est à ce travail que seront invités à participer les étudiants de la nouvelle spécialisation Health & Care Management.

Pourriez-vous nous donner des exemples d’études auxquelles travaille la chaire de recherche Living Health ?

Nous sommes en train de travailler notamment sur la réalité virtuelle (avec les casques de VR) et son efficacité sur le bien-être des patients en oncologie. Nous menons des études sur l’utilisation des casques lorsque les patients subissent un soin invasif ou douloureux et nous essayons de déterminer quelle est l’efficacité réelle du casque de réalité virtuelle.

Nous avons aussi réalisé une étude sur le cancer survivor pour laquelle nous avons publié un article dans The Conversation : nous nous sommes intéressés à des personnes qui ont survécu à un cancer et qui en sont venues à devenir entrepreneurs. Il y a un vrai bouleversement suite à la maladie : un rapport au risque différent, un rapport au temps différent.

Nous travaillons également beaucoup sur la santé émotionnelle des patients : nous essayons de comprendre toutes les émotions par lesquelles sont passés les patients depuis l’annonce de la maladie, et les stratégies de gestion des émotions, de régulation émotionnelle qu’ils mettent en place. C’est une mine d’informations exceptionnelles pour les soignants qui peuvent ainsi mieux s’adapter à leur patient et mieux les accompagner.

Le logo de la chaire de recherche Living Health met en avant trois mots : « Care – Cure – Connect ». D’où vient ce triptyque ?

Quand nous avons construit la chaire, nous avons estimé qu’une belle expérience patient devait reposer sur trois piliers, et ce sont ces trois éléments que l’on retrouve dans notre logo :

  • Care : c’est la dimension humaine qui est au cœur du parcours de soin, à chacune des étapes. Les interactions avec les soignants peuvent être destructrices ou bien au contraire incroyablement bénéfiques. Notre idée c’est d’arriver à créer des interactions qui soient personnalisées pour chaque patient à la fois dans le fond et la forme.
  • Cure : c’est l’expertise médicale des professionnels de santé, mais aussi des établissements de santé, puisque l’expérience patient a une dimension tant individuelle qu’organisationnelle.
  • Connect : cela concerne tout ce qui a trait aux données et aux outils numériques. On parle aujourd’hui beaucoup de l’utilisation des données et des problématiques liées à la confidentialité, qui soulèvent des questions éthiques et déontologiques. Notre question : comment peut-on utiliser ces données au mieux pour que l’expérience patient soit la plus riche et la plus fluide possible ?

Savoir s’appuyer sur ces trois piliers, c’est bien ce qu’on nous compter enseigner aux étudiants du Master Health & Care Management.

Vous travaillez en collaboration étroite avec l’Institut Rafaël. Pourriez-vous nous présenter en quelques mots la nature de ce partenariat ?

L’Institut Rafaël est en effet notre partenaire privilégié.

C’est une structure située à Levallois qui a été créée par le docteur Alain Toledano et qui propose des programmes médicaux et paramédicaux adaptés à chaque patient qui vit un cancer ou qui a vécu la maladie.

L’idée, c’est d’avoir dans un même centre non seulement des oncologues, mais aussi des coachs sportifs et des thérapeutes, de proposer aux patients de l’onco-esthétique ou encore des thérapies alternatives comme l’art-thérapie et de la danse-thérapie.

L’Institut Rafaël se concentre sur une prise en charge globale du patient : il ne s’agit plus de traiter seulement sa maladie, son cancer, mais plutôt de s’intéresser à lui en tant qu’individu, de se concentrer sur sa santé tant physique, qu’émotionnelle, psychologique, sociale, sexuelle… à tous les aspects de son bien-être afin qu’il puisse arriver à trouver la force de faire face à la maladie et de se reconstruire.

Nous travaillons en collaboration avec toute l’équipe de soignants de l’Institut Rafaël et échangeons également beaucoup avec les patients et les aidants. Nous comptons bien faire profiter les étudiants de la nouvelle spécialisation Health & Care Management de cette collaboration pour leur permettre d’apprendre sur le terrain.

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