Emilie Mirgalet: Les primaires américaines vues par une française

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Emilie Mirgalet: Les primaires américaines vues par une française

Retours d'expériences d'etudiants à l'international. 
Emilie est partie étudier aux Etats-Unis à SUNY New Paltz pendant 1 an pour sa 3ème année d’études. Elle partage avec nous les élections américaines qu’elle a vécues directement sur place et les différences avec la France sont nombreuses !
Les primaires américaines vues par une française
Les élections américaines sont au cœur de l’actualité des Etats Unis. Ayant moi-même été sur place pendant un an, j’ai pu vivre et suivre ces élections tout du long. Ces élections de 2016 sont particulièrement spéciales car parmi les candidats des présidentielles se trouvent une femme, Hilary Clinton, également mariée à Bill Clinton et secrétaire d’Etat. Ces élections peuvent être bel et bien historiques si Hilary venait à devenir la première femme présidente des Etats Unis. Dans le parti qu’elle représente, le parti démocrate, se trouve Bernie Sanders, ayant été maire de Burlington et sénateur du Vermont par le passé.  Il a été le favori par les américains après Hilary Clinton. Du côté des républicains, se trouvent Donald Trump, un milliardaire chef d’affaire qui aime provoquer des polémiques, Ted Cruz, sénateur du Texas depuis 2013 et enfin Marco Rubio, sénateur de la Floride depuis 2011.  Ces candidats ont été les plus appréciés et ceux que j’ai le plus retenu.
Si on veut creuser un peu plus sur les candidats et leurs personnalités, on peut dire que Donald Trump a dès le début choqué les américains par ses propos jugés raciste. En effet, il tenait à rétablir les frontières et exclure la possibilité aux musulmans d’approcher les Etats unis s’il venait à être élu. Des propos qui ont fait alors polémique. Ce qui m’a le plus interpellé c’est le nombre de fois, en cours où j’ai pu entendre des blagues sur Donald Trump. Sur les réseaux sociaux également, plusieurs personnes accablaient le candidat. Certains comme mon amie Paulina, américaine mais née mexicaine, m’avait confié que si Donald Trump se faisait élire, elle changerait  surement de pays.
En ce qui concerne Hilary Clinton, aucun commentaire n’a été fait en classe àson propos. J’ai cependant lu un article dans le magazine français Gala, qui critiquait le fait qu’Hilary Clinton suscitait moins d’émotions et qu’elle était moins charismatique que des personnalités comme celles de Donald Trump ou encore de Bernie Sanders. Ils soulignaient également qu’Hilary Clinton n’a pas eu plus de voix féminines qu’espéré.
Pour ce qui est de Bernie Sanders, je suppose qu’un grand nombre d’étudiants de mon université SUNY New Paltz le soutenaient, compte tenu du nombre de manifestations contre l’augmentation des frais de scolarités des universités américaines.  Si vous regardez ma deuxième photo de plus près, vous pouvez voir sur le panneau de l’étudiant écrit l’historique des frais de scolarités (tuition fees) et des bourses.  J’ai filmé ce regroupement d’étudiants qui avaient contestés cette augmentation perpétuelle.  Lorsque j’en parlais avec des amis américains, ils me disaient que les frais de scolarité avaient pratiquement doublés par rapport à l’époque de leurs parents.  C’est pour cela que lorsque Bernie Sanders a proposé de rendre les universités gratuites, les étudiants l’ont alors encouragé en espérant qu’ils pourraient mettre sa promesse à exécution s’il venait à entrer dans la Maison Blanche. Certains dont une de mes amie Sarah allaient même à encourager les gens à voter pour Bernie Sanders en écrivant sur le sol avec des craies.
Ce qui m’a le plus choqué comparé aux élections françaises étaient que durant les campagnes électorales, les candidats étaient autorisés à complètement rabaisser un autre candidat en le critiquant sur tout, sans exception. Je me souviens que lors d’un discours, Donald Trump avait alors déclaré ouvertement le fait que Marco Rubio transpirait dans son costard cravate pendant son discours. Ce concept est à l’opposé du principe des campagnes électorales françaises qui visent à ne pas critiquer l’autre candidat mais plutôt de se mettre en avant le plus possible. Aux Etats Unis, chaque candidat peut tout à fait fouiller le passé d’autres candidats afin de pouvoir dénicher quelques choses qu’ils pourraient user en leur faveur.  On avait en effet trouvé qu’Hilary Clinton avait été pro Wall Street concernant la crise de 1929.
L’autre côté assez différent des élections américaines que j’ai retenu avait été le fait que l’on affiche clairement son appartenance à un parti politique jusqu’à même révéler son choix électoral à quiconque voudrait l’entendre. J’avais alors demandé à mes amies américaines pour qui elles allaient voter et elles m’avaient répondu à ma question alors qu’elles auraient pu me dire que c’était un choix personnel. Certains vont même jusqu’à afficher une petite carte avec la tête du candidat dessus, planté dans le jardin devant leurs maisons.  J’avais en effet vu à Warwick que certaines personnes avaient mis une petite affiche avec écrit Trump dessus, planté dans le jardin devant une maison. A croire qu’ils n’avaient pas peur de l’avis des autres sur la question.  En France, on pourrait parler de son choix électoral mais ne jamais l’afficher dans son jardin de cette sorte. Surtout quand il s’agit d’un candidat légèrement raciste ou du moins considéré comme tel par certains.
Les attentats terroristes commis à Orlando le 12 juin ont d’autant plus favorisés Donald Trump quant à la réalité de cette guerre contre le terrorisme. Certains votant voient en Donald Trump, un candidat qui pourrait mettre fin à cette guerre contre le terrorisme en prenant des mesures plus radicales comme la fermeture des frontières. En revanche, sa réaction après les attentats a été très critiquée : il a su mettre en avant le fait qu’il avait eu raison concernant le radicalisme islamique plutôt que de considérer les pertes humaines énormes ou encore de s’adresser aux proches des victimes. Hilary Clinton a été beaucoup plus affectée par cette tragédie et a eu une meilleure réaction en annonçant qu’elle voulait une plus grande limitation du port d’armes à feu aux Etats Unis pour éviter ce genre de drame.
Après le super Tuesday où s’opposaient Bernie Sanders et Hilary Clinton, on sait désormais que la représentante des démocrates est Hilary Clinton avec une majorité de 17 Etats face à 9 Etats pour Bernie Sanders et que le représentant des républicains est Donald Trump, remportant 950 délégués. Des pronostics se font alors sur le futur ou la future présidente des Etats Unis.
Emilie Mirgalet, PGE 3 State University of New York, New Paltz 2015/16, Promotion 2018

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